L'objet du mélancolique

Le désintérêt du sujet mélancolique envers les choses de la réalité se manifeste, entre autres éléments exprimés, par l’équivalence des objets, autrement dit par leur caractère de substituabilité à l’infini. C’est dire que les objets se présentent dans une sorte de juxtaposition plane, sans aucun...

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Lambotte, Marie-Claude
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2008
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Le désintérêt du sujet mélancolique envers les choses de la réalité se manifeste, entre autres éléments exprimés, par l’équivalence des objets, autrement dit par leur caractère de substituabilité à l’infini. C’est dire que les objets se présentent dans une sorte de juxtaposition plane, sans aucun relief, et qu’aucun d’entre eux n’acquiert plus de valeur qu’un autre. Le déni de leur valeur va de pair avec la croyance en un absolu du sens qui doit bien exister quelque part, derrière les choses, derrière cette réalité plane qui lui fait écran. De quelle déception ou de quelle traîtrise originelle s’agit-il pour le sujet mélancolique qui se défend ainsi d’un objet essentiellement défaillant et qui reporte son investissement sur un idéal supposé derrière les choses ? La collusion entre l’objet (a) et l’Idéal du moi est alors à redouter. Mais le sujet mélancolique parvient encore, dans une reprise d’intérêt pour une activité spécifique qui consiste en la composition, en l’agencement de son environnement local, à faire surgir des objets de contemplation, autrement dit des objets esthétiques susceptibles de désigner cet au-delà des choses de façon métonymique et de remplir cette fonction d’écran attribuée jusqu’à présent à la réalité. Si un tel objet semble bien relever de l’esthétique au plan philosophique, quel statut revêt-il au plan métapsychologique ?