La thanatopraxie historique
Qu’est-ce que la thanatopraxie ? Derrière ce mot, savant pour les uns, barbare ou inconnu pour la grande majorité des autres, se cachent des pratiques médicales funéraires, souvent religieuses, parmi les plus anciennes de l’Histoire de l’humanité. Pourtant, la science et le mot sont relativement réc...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2013
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Qu’est-ce que la thanatopraxie ? Derrière ce mot, savant pour les uns, barbare ou inconnu pour la grande majorité des autres, se cachent des pratiques médicales funéraires, souvent religieuses, parmi les plus anciennes de l’Histoire de l’humanité. Pourtant, la science et le mot sont relativement récents puisque la première date du XIXe siècle et le second, des années 1960. Mais qui n’a entendu parler des momies égyptiennes ? Qui ne s’est étonné de leur état de conservation ? Ce véritable miracle n’est que le fruit des connaissances de thanatopracteurs qui vécurent, il y a des millénaires, sur les bords du Nil. Sait-on encore que c’est en Amérique du Sud que se trouvent les plus anciennes momies du monde et que c’est en Chine que se trouvent les momies les mieux conservées ? Pourquoi le Moyen-Âge n’a-t-il jamais connu une véritable thanatopraxie, alors qu’il s’extasiait devant l’état de conservation de certaines reliques et leur vouait un culte sans faille ? Depuis les temps historiques, l’être humain a tenté de se survivre dans sa chair, tout autant que par son âme. Vanité des vanités, diront certains, mais certaines croyances religieuses justifient la survie des corps comme la survie des âmes. D’autres, a contrario, refusent, ou du moins ont refusé pendant des siècles, les soins destinés à conserver les corps, car l’être humain n’est-il pas poussière, et ne doit-il pas retourner à la poussière. Des soins ont toujours été, cependant, dispensés aux morts, par respect, par amour, par convenance. Il faut se pencher sur l’origine des rituels de propreté et de préservation des cadavres, comme la toilette funéraire, qui, sans doute, apparue aux confins de la préhistoire et de l’histoire, perdure aujourd’hui, dans la presque totalité de nos sociétés. Cette promenade historique nous amènera à voir le travail clandestin des anatomistes de la Renaissance ou celui, plus renseigné, des hygiénistes de la Révolution Industrielle. Si les thanatopracteurs d’aujourd’hui savent ce qu’ils doivent à leurs prédécesseurs, les populations ignorent qu’elles doivent à cette science qui est également un art, le développement de la médecine, de la cosmétologie, de la chimie, de l’herboristerie, de l’instrumentation, de certaines cultures, du commerce, etc. Si s’intéresser à la mort est toujours une aventure spirituelle, s’intéresser aux cadavres, et à leur devenir, est une plongée dans l’histoire des sciences et des croyances de l’Humanité. |
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