Le Kamikaze ou le mobile de se donner la mort !

RésuméOn a longtemps cru expliquer les engagements à mort de terroristes dans les attentats par la folie, un narcissisme fragile, un abandon parental précoce, l’absence d’éducation ou le rôle de l’influence sociale. Au regard des études les plus avancées, aucun de ces facteurs ne saurait être généra...

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Detalles Bibliográficos
Autor principal: Koussay, Saïd Ali
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2006
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:RésuméOn a longtemps cru expliquer les engagements à mort de terroristes dans les attentats par la folie, un narcissisme fragile, un abandon parental précoce, l’absence d’éducation ou le rôle de l’influence sociale. Au regard des études les plus avancées, aucun de ces facteurs ne saurait être généralisé. Les terroristes sont en moyenne bien éduqués, ont été élevés par leurs parents, sont inscrits socialement et professionnellement dans leurs sociétés, appartiennent à des groupes, sont mariés et ont des enfants. Outre leur « normalité », ils ne se considèrent pas comme des tueurs, mais comme des soldats dont la mission impliquerait certains sacrifices, le leur et celui des populations « ennemies ». S’ils pervertissent la mission du soldat, (« l’éthique » de la guerre « limite » les pertes humaines), les terroristes intègrent la mort comme une fin et non comme un moyen (ce que font les soldats).Les organisations terroristes justifient leur extrémisme comme la seule issue politique à l’injustice ressentie dans le monde. À défaut de structure psychique, quelques mécanismes semblent communs aux terroristes. Seul le déni de la mort et de la souffrance permet d’agir avec succès, la sophistication des préparatifs valorise les agents, l’intégration dans un groupe social justifie l’acte par identification, la projection dans un monde meilleur (hors Terre après la mort ou résultant du djihad sur Terre) est fantasmatique certes mais ne trouve pas de contradiction. La mort est dénigrée et réduite à sa plus infime expression : passage ultime mais sans conscience, sans peur et sans souffrance pour le terroriste, elle a une force de frappe énorme dans les pays médiatisés qui ont justement chassé la mort de leur univers sécurisé. La mort est donc manipulée grâce à la terreur et l’horreur qu’elle engendre. Nos sociétés démocratiques, confrontées au danger de retour d’un ordre liberticide doivent s’organiser pour ne pas verser dans des représailles mortifères. Augmenter la solidarité pour prévenir les nouvelles tentatives, développer des commémorations authentiques mais aussi une réflexion sur la mort violente et les deuils particuliers qu’elle entraîne, permettront de ne pas être piégés par le désir de vengeance ou de redressement des régimes démocratiques.