La valeur de la dépouille mortelle chose sacrée

RésuméLes cultures humaines ont depuis environ 100 000 ans doté les cadavres de représentations symboliques qui dépassent la triste réalité de leur statut. Cependant, les hommes sont toujours capables de défaire ces fragiles « enveloppes » sociales, spirituelles et psychologiques pour détruire et vi...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
第一著者: Labbée, Xavier
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: 2006
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:RésuméLes cultures humaines ont depuis environ 100 000 ans doté les cadavres de représentations symboliques qui dépassent la triste réalité de leur statut. Cependant, les hommes sont toujours capables de défaire ces fragiles « enveloppes » sociales, spirituelles et psychologiques pour détruire et violenter les restes de ce qui fut aimé ou identifié comme lié à soi (compatriote, mais aussi ennemi). Briser le tabou du respect du mort est une façon de l’utiliser comme arme pour combattre. Dans les massacres, les guerres et les actes mortifères terroristes, on retrouve cette violence extrême qui dépasse la tuerie en maltraitant les cadavres. La médiatisation des images de morts tués par les hommes ou les éléments naturels, a une fonction ambiguë : Informer, créer du souvenir, et même des objets artistiques. Mais ces images « usent » la sensibilité des spectateurs et cet environnement des morts engendre plus de répugnance que d’intérêt. La vision brutale des cadavres est a priori traumatique. Sans accompagnement symbolique, elle rend indifférent. Le monde occidental dont l’univers symbolique s’appauvrit s’habitue au cadavre étranger mais ne supporte plus la vision du corps mort des proches. La guérilla du terrorisme international, mais aussi les actes antisémites nationaux utilisent donc des stratégies de peur et de destruction des corps qui empêchent le travail symbolique de séparation/réintégration. Dans ce contexte, comme dans celui, plus général des grandes catastrophes collectives, des efforts de symbolisation sont nécessaires pour dépasser la réalité. Les rites funéraires pour les civils, dans toute leur variabilité culturelle, devraient être impérativement demandés dans les lois et les jugements collectifs (tribunaux internationaux) afin de maintenir les bases minimales de ce qui caractérise l’appartenance au genre humain.