Colloque sur la spécialité « humanités, littérature et philosophie »
Miguel de Cervantès a ouvert le dossier des rapports de « la vérité » avec le « réel », appliquant à cette question toute sa puissance visionnaire. Dans au moins deux de ses œuvres, il compose une approche très originale de ce questionnement : Le Retable des Merveilles, joué longtemps avant sa date...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
2025
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | Miguel de Cervantès a ouvert le dossier des rapports de « la vérité » avec le « réel », appliquant à cette question toute sa puissance visionnaire. Dans au moins deux de ses œuvres, il compose une approche très originale de ce questionnement : Le Retable des Merveilles, joué longtemps avant sa date de publication en 1615, et le fameux Don Quichotte.
Le réel est-il « vrai » ou répond-il d’une construction mentale confinant à la folie ? Le Retable, par la mise en scène hallucinatoire de la pseudo-réalité suggérée, dénonce l’emprise du pouvoir politique sur l’imaginaire collectif, soumis à la domestication qu’impose le Saint-Office, tandis que le Quichotte, irrémédiablement placé sous la direction de la « doctrine dulcinéenne », brave l’oppression du système inquisitorial en créant sa propre épistémologie fondée sur un « code ». En matière de vérité, comme le dit le Chevalier de Lions, ne s’agit-il pas de « peser la chose et la mettre à son vrai point » ? Aussi, dans ces deux œuvres, le lecteur est-il constamment invité à transcender toute lecture littéraliste, à surplomber la quiétude des banalisations indéfiniment répétées, pour découvrir ce qui constitue l’épistémologie quichottienne, libératrice du sens. Et si ce « point de vérité » se trouvait précisément dans le nom du Quichotte, audible en une langue bannie de la Péninsule en 1492 dont l’auteur semble être un fin connaisseur ? L’histoire du Quichotte devient alors l’histoire de la vérité en mouvement, accompagnée de la grâce tutélaire de Dulcinée, que le lecteur est appelé à suivre, peut-être même à rattraper, pour mieux comprendre combien le réel se code selon une haute folie que le rationalisme ne rejoint pas. |
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