Éloge de l’indisponibilité numérique au travail

L’article questionne la problématique de la disponibilité et des temporalités numériques dans le contexte de la société française où le travail reste une norme sociale forte, avec ses valeurs, ses règles et ses pratiques. Comment le numérique vient bousculer les temporalités et accentuer les transfo...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Andonova, Yanita
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2017
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Descripció
Sumari:L’article questionne la problématique de la disponibilité et des temporalités numériques dans le contexte de la société française où le travail reste une norme sociale forte, avec ses valeurs, ses règles et ses pratiques. Comment le numérique vient bousculer les temporalités et accentuer les transformations du travail, déjà en cours ? Le sujet traité est celui des évolutions des normes en matière de « joignabilité » et de disponibilité, rendues possibles et quasi imposées par les outils numériques. Avec la prolifération des smartphones, messageries, réseaux sociaux internes, on assiste à une pression constante pour l’individu au travail de se rendre disponible, de répondre au plus vite, de réagir à la présence d’autrui.À partir d’un travail empirique au sein d’un grand groupe du secteur des télécommunications, l’auteur démontre à travers l’analyse en parallèle de deux métiers, celui de technicien d’intervention et celui de juriste, que les normes en termes de disponibilité ont évoluées. Comment développer un ensemble de pratiques socialement acceptables concernant la gestion de la disponibilité et la demande d’attention quand on travaille en open space ou quand on est un professionnel nomade ? Le volume prodigieux d’informations à traiter qui afflue par des canaux numériques requiert un traitement ininterrompu. Le raccourcissement des délais à respecter auprès des clients et des fournisseurs exige une réactivité accrue. La chasse aux temps morts s’inscrit dans des logiques d’intensification du travail et de contrôle de l’activité. Ceci implique de la part des individus une forte vigilance cognitive, une disponibilité continue et une dispersion au travail. La thèse défendue ici consiste à affirmer que le numérique participe à la reconfiguration temporelle du travail et que son usage fait évoluer inéluctablement les normes en termes de disponibilité.