Industries du contenu et industries de la communication. Contribution à une déconstruction de la notion de créativité

La référence à la notion de créativité est très présente dans les industries culturelles et les industries de la communication ainsi que dans la plupart des autres domaines d’activité. Elle constitue une injonction qui pèse sur les acteurs socio-économiques et qui est reprise également par les décid...

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Bewaard in:
Bibliografische gegevens
Hoofdauteurs: Bouquillion, Philippe, Miège, Bernard, Moeglin, Pierre
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2016
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:La référence à la notion de créativité est très présente dans les industries culturelles et les industries de la communication ainsi que dans la plupart des autres domaines d’activité. Elle constitue une injonction qui pèse sur les acteurs socio-économiques et qui est reprise également par les décideurs des politiques publiques.Premièrement, il apparaît que la référence à la notion de créativité dans les industries culturelles, créatives et de la communication n’est qu’en apparence centrée sur l’ empowerment des individus. En réalité elle est insérée dans des rapports de force entre acteurs industriels et elle est aussi au cœur des mouvements de remise en cause et de transformation des politiques publiques.Deuxièmement, les injonctions à la créativité, pourtant empreintes d’idéaux d’émancipation individuelle, profitent en fait surtout aux acteurs sociaux les plus puissants et tout particulièrement aux grands acteurs transnationaux des industries de la communication. Les injonctions à la créativité facilitent les mouvements en cours et masquent leur complexité, notamment en occultant les dimensions conflictuelles.Troisièmement, nous avons aussi mis délibérément l’accent sur le fait que la référence à la créativité accompagne le développement de « l’industrialisation des biens symboliques », ainsi que, plus généralement, certains mouvements en faveur d’une « culturalisation » de l’économie. Il s’agit bien évidemment d’un usage très idéologique des références à la créativité, à la création et à la culture. Il est, en général, destiné à favoriser les entreprises de la « nouvelle économie » et le basculement de la plus grande partie possible des activités industrielles vers les secteurs de la spéculation boursière et de la financiarisation.