Chapitre 3. Pensions : une réforme d'ensemble s'impose d'urgence
Résumé Une vaste réforme des pensions s’impose d’urgence pour assurer l’équilibre financier, éliminer les distorsions qui jouent contre la poursuite d’activité à partir d’un certain âge et traiter efficacement les problèmes de pauvreté. Premièrement, d’après les prévisions, d’ici le milieu du sièc...
Salvato in:
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
|---|---|
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2007
|
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Résumé
Une vaste réforme des pensions s’impose d’urgence pour assurer l’équilibre financier, éliminer les distorsions qui jouent contre la poursuite d’activité à partir d’un certain âge et traiter efficacement les problèmes de pauvreté.
Premièrement, d’après les prévisions, d’ici le milieu du siècle les dépenses de pensions en Grèce devraient augmenter plus que dans tout autre pays de l’OCDE. Une réforme est indispensable non seulement pour assurer l’équilibre financier du système mais aussi parce que, sinon, les dépenses de pensions représenteront plus d’un cinquième du PIB (non révisé) et évinceront d’autres dépenses sociales nécessaires pour assurer la cohésion sociale et la réalisation des objectifs structurels. À en juger par les prévisions concernant d’autres pays de l’UE, on peut penser que tout ajustement impliquera avant tout une baisse des prestations de pensions par rapport au salaire moyen, encore que l’ampleur de l’ajustement pourrait être limitée par des mesures visant à réduire les phénomènes désincitatifs vis-à-vis de la poursuite d’activité à partir d’un certain âge et à fermer les nombreuses voies d’accès détournées à une retraite anticipée.
Deuxièmement, les incitations à partir tôt à la retraite sont, en Grèce, parmi les plus fortes de la zone OCDE, et elles se traduisent par un faible taux d’emploi des seniors. Il existe un lien ténu entre les cotisations et les prestations, et tout un ensemble de dispositions spéciales permettent de partir à la retraite avant l’âge « normal » de la retraite, fixé à 65 ans. Pour éliminer les phénomènes désincitatifs, il faudrait lier les pensions aux cotisations tout au long de la vie et instaurer une plus grande justice actuarielle dans le système, tout en supprimant progressivement les multiples possibilités de départ anticipé à la retraite.
Troisièmement, en dépit de l’importance des dépenses globales de pensions, la diversité des taux de remplacement selon les régimes signifie que les dépenses de pensions ne sont pas toujours ciblées sur ceux qui en ont le plus besoin. Pour réduire les dépenses globales de pensions tout en améliorant la protection contre la pauvreté durant la vieillesse, il faudra certainement que toute pension destinée à constituer un filet de sécurité – qu’elle soit sous conditions de ressources, soumise à des critères de résidence, par exemple, ou basée sur l’actuel minimum de pension – ne soit accessible qu’à l’âge officiel de la retraite, contrairement à la situation actuelle où les pensions minimum sont accessibles beaucoup plus précocement, ce qui fausse gravement les mécanismes incitatifs vis-à-vis du départ à la retraite. |
|---|