La notion d’emphase dans le champ phonétique les consonnes emphatiques
Dans quelle mesure l’étude des changements linguistiques diachroniques relève-t-elle de la linguistique proprement dite, conçue jusqu’ici comme étude des structures et principes qui régissent les états de synchronie des langues naturelles ? En d’autres termes, ces changements sont-ils déterminés pa...
Tallennettuna:
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
2013
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Dans quelle mesure l’étude des changements linguistiques diachroniques relève-t-elle de la linguistique proprement dite, conçue jusqu’ici comme étude des structures
et principes qui régissent les états de synchronie des langues naturelles ? En d’autres
termes, ces changements sont-ils déterminés par les différents modules structuraux
et opérationnels successifs qui, à chaque période de la diachronie, constituent le
SYSTEME synchronique de la langue envisagée dans son évolution ? Nous allons
examiner cette question en deux sections. Dans la première, nous examinons, comme
spécimen de changement phonétique diachronique, les différents sons (/g1/, /ž/, /z/ ou /
d/), qui correspondent en arabe marocain d’avant l’avènement de l’école publique
moderne au phonème sémitique *g (celui que représentent par exemple le giym 'ﺞ' de
l’alphabet de l’arabe classique et le gimel ‘ג’ de l’alphabet de l’hébreu biblique). Nous
montrerons que l’évolution du *g sémitique en arabe marocain est régie par une
contrainte qui constituait un substrat berbère dans l’Etat de Langue où ce dialecte arabe
s’est formé ; il s’agit de la contrainte de l’harmonie des sibilantes (s, š, ž, z). En rapport
avec le processus de l’évolution du *g sémitique en arabe marocain, le changement du
*q sémitique en /g2/ dans ce dialecte arabe a aussi été examiné. Cela nous mène (i) à
donner des exemples qui montrent que ladite contrainte a aussi produit des faits
similaires en berbère dans l’évolution (*k > š), et (ii) à donner un autre spécimen de
contraintes qui, à travers le processus d’intégration d’emprunts non chamito-sémitiques en arabe marocain et en berbère, illustre le rôle que les contraintes en général, en
tant que modules d’un système phonologique, jouent dans la détermination de la forme
sous laquelle l’emprunt est ‘intégré’ au lexique de la langue cible. Dans le cas
particulier abordé dans ces deux langues, il s’agit (a) de la contrainte sur l’articulateur
(par exemple, la non-cooccurrence de b, f, m) et (b) la contrainte sur le contour
croissant de sonorité (par exemple *nl, *lr, *nr). Tout ceci montre la grande valeur
empirique, pour les études sémitiques, des faits de l’arabe marocain et maghrébin en
général dans son rapport avec le berbère. « L’examen des ‘‘bizarreries’’ de l’arabe
maghrébin dépasse les limites de la dialectologie arabe ; c’est vers le reste du sémitique
qu’il faut se retourner » (Durand 1993 : 108). La deuxième section consiste en une
revue de plusieurs remarques et propositions de linguistes de différents cadres théoriques, qui, sur le plan des principes généraux au moins, s’accordent toutes sur le fait
que les changements diachroniques obéissent à des ‘‘ logiques’’ de système. Ces
logiques rendent adéquate la description de tels changements historiques en général
et les expliquent en même temps, tout en octroyant un pouvoir de prédiction à toute
approche qui, sur le plan théorique, envisage leur existence et les découvre, les formule
et les prend en considération sur le plan pratique. |
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