L’économie morale de l’enfermement au Canada
Cet article propose une réflexion sur l’état actuel du « modèle canadien » marqué par une intensification du recours à la privation de liberté. L’enfermement y est analysé comme une violence lente et invisible (Nixon, 2011) qui semble engendrer une indifférence morale et un processus de déshumanis...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2016
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Cet article propose une réflexion sur l’état actuel du
« modèle canadien » marqué par une intensification du
recours à la privation de liberté. L’enfermement y est analysé comme une violence lente et invisible (Nixon, 2011) qui
semble engendrer une indifférence morale et un processus
de déshumanisation tels que conçus par Bauman (2002).
En mobilisant les concepts d’univers d’obligation morale
(Fein, 1979) et d’économie morale (Fassin, 2009), l’auteure
soutient que les politiques et les pratiques de privation de
liberté opèrent une mise à l’écart et une différenciation de
certains individus qui n’est pas uniquement spatiale et
sociale, mais également morale. L’exaltation de sentiments
moraux et d’émotions est ainsi envisagée comme au cœur
de la construction sociale de l’enfermement, aussi bien au
niveau des normes qui encadrent sa pratique que dans les
valeurs au nom desquelles la société prive certains individus de leur liberté.
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