La maxime de la médisance

Cette note s’efforce, dans un premier temps, de caractériser l’originalité de l’analyse que Pascal fait de la calomnie dans la XVIe Provinciale, en révélant la contradiction qu’elle recèle entre son principe et son effet : « tant le mal est contraire à soi-même, et tant il s’embarrasse et se détruit...

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1. Verfasser: Carraud, Vincent
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2021
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Cette note s’efforce, dans un premier temps, de caractériser l’originalité de l’analyse que Pascal fait de la calomnie dans la XVIe Provinciale, en révélant la contradiction qu’elle recèle entre son principe et son effet : « tant le mal est contraire à soi-même, et tant il s’embarrasse et se détruit par sa propre malice ». Car, en exemptant la calomnie d’être un péché, l’« étrange maxime de la médisance » ruine le crédit que le médisant suppose avoir auprès de celui qui en est l’auditeur. Dans un second temps, qui en est la conséquence directe, nous rétablissons le texte d’une citation de Manilius relevée par Pascal dans un brouillon de la XVIe Provinciale, Laf. 960. Il faut lire non pas, comme dans toutes les éditions des Pensées, « Fecitque cadendo undique me cadere, En tombant de tous côtés, il m’a fait tomber », mais, conformément à l’Astronomicon : « Fecitque cadendo undique ne caderet ». Entendons : en tombant de tous côtés dans le péché, c’est-à-dire en calomniant sans retenue, le calomniateur a fait que son auditeur, ne le croyant pas, n’y tombe pas.