L’archéologie post-moderne : origines, historique, production scientifique et analyse critique

L’archéologie postmoderne est née dans les années 1980 sous l’impulsion de plusieurs archéologues britanniques et sous l’influence de la philosophie postmoderne (« French theory ») et de l’anthropologie marxiste, en réaction à la New Archaeology néopositiviste des années 1960-1980. Mais c’est à par...

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Djindjian, François
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2026
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:L’archéologie postmoderne est née dans les années 1980 sous l’impulsion de plusieurs archéologues britanniques et sous l’influence de la philosophie postmoderne (« French theory ») et de l’anthropologie marxiste, en réaction à la New Archaeology néopositiviste des années 1960-1980. Mais c’est à partir des années 1990, que le mouvement se propage en s’appuyant notamment sur l’émergence de nouvelles générations d’archéologues pour la plupart formées en faculté de lettres et dans une approche anthropologique (sociale) dans les milieux anglo-saxons. Les applications de l’approche post moderne en archéologie se caractérisent par un désintérêt pour l’approche structurale, pour l’étude des processus qui sous-tendent le fonctionnement des systèmes socio-économiques des sociétés préhistoriques, pour la quantification des données en général et pour l’utilisation de méthodes statistiques et algorithmiques en particulier. Elles favorisent la recherche de manifestations symbolistes (culturelles, rituelles et spirituelles) dans les données au détriment des interprétations fonctionnelles et systémiques. Par nature herméneutiques, elles développent la relativité dans le raisonnement archéologique au détriment de l’argumentation et de la démonstration, et permettant ainsi la diversité des opinions, elle transforme la dispute universitaire en un activisme voire un militantisme d’opinion, qui se retrouve dans des courants multiples comme l’archéologie indigéniste, l’archéologie postcoloniale, l’archéologie du genre, et bien d’autres encore. Il est donc utile d’analyser plus de 30 ans de production académique pour déterminer l’apport réel de ce paradigme dans le progrès de nos connaissances sur les sociétés préhistoriques. Enfin, sera abordée la question de fond, celle de déterminer si l’archéologie post-moderne est une approche scientifique, et alors dans quelles limites, ou si elle se réduit à un discours idéologique de même nature que d’autres paradigmes bien connus en archéologie au XXe siècle : le nationalisme de Kossinna, le marxisme stadialiste de Marr, le néomarxiste occidental des années 1960, voire s’il n’est pas la nouvelle poussée nihiliste de la fin du XXe siècle.