Vestiges anthropobiologiques : des limites éthiques à l’opportunité d’une gouvernance innovante
L’article analyse les enjeux éthiques, scientifiques et juridiques liés aux vestiges anthropobiologiques (VAB) en France, dans un contexte d’accélération des technologies d’analyse des restes humains anciens. Ces vestiges occupent une position hybride entre corps humain, objet scientifique et bien...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2026
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | L’article analyse les enjeux éthiques, scientifiques et juridiques liés aux vestiges anthropobiologiques (VAB) en France, dans un contexte d’accélération des technologies d’analyse des restes humains anciens. Ces vestiges occupent une position hybride entre corps humain, objet scientifique et bien patrimonial, longtemps sans cadre juridique précis. L’arrêté du 7 février 2022 constitue une avancée majeure en distinguant officiellement les VAB des autres vestiges archéologiques, tout en laissant subsister des incertitudes de gouvernance. Les progrès en paléogénomique, microbiologie et imagerie ont considérablement élargi leur potentiel scientifique, jusqu’à leur intégration dans des problématiques médicales contemporaines. Cette convergence entre archéologie et médecine met en évidence une discontinuité éthique, la recherche biomédicale étant strictement encadrée contrairement à celle portant sur les restes humains anciens. Sont identifiées plusieurs dérives structurelles : dispersion des collections, multiplication des prélèvements destructifs, absence de mutualisation des données, concurrence institutionnelle et risques de perte matérielle. Ces pratiques sont jugées contraires à une éthique du bien commun. Est proposée l’élaboration d’un modèle de gouvernance innovant fondé sur la traçabilité des échantillons, la mutualisation internationale des données et des expertises, l’application des principes FAIR et CARE, la création d’un environnement de recherche virtuelle (ERV) international et la mise en place de comités d’éthique transdisciplinaires, afin d’assurer une exploitation scientifique responsable, transparente, durable, performante et innovante des VAB, favorisant l’interopérabilité des données, l’optimisation des analyses, la réduction des prélèvements redondants et l’émergence de nouvelles approches de recherche.
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