Les théories du complot et le paradoxe de l’individualisme épistémique
Cet article tente d’établir un diagnostic épistémologique du phénomène contemporain de développement des théories complotistes. Il part de la critique de deux approches du phénomène. L’approche « hyper-critique » consiste à dire que le développement du complotisme manifeste un manque « d’esprit crit...
Gardado en:
| Autor Principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
2019
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| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Cet article tente d’établir un diagnostic épistémologique du phénomène
contemporain de développement des théories complotistes. Il part de la critique de deux approches du phénomène. L’approche « hyper-critique » consiste à dire que le développement du complotisme manifeste un manque « d’esprit critique », et prescrit donc comme thérapie d’enseigner aux élèves à ne rien croire sans l’avoir vérifié soi-même. Je réponds que
cette stratégie « individualiste épistémique » est inefficace voire contre-productive, car une étude des discours conspirationnistes révèle que le conspirationnisme se nourrit précisément d’une rhétorique individualiste. La seconde approche que je rejette consiste à nier l’existence de tout phénomène problématique de « théories du complot ». Cette approche s’appuie essentiellement sur la difficulté qu’il y a à définir précisément ce qu’est l’état d’esprit conspirationniste. Je
réponds en définissant le conspirationnisme comme une exacerbation de l’individualisme épistémique, c’est-à-dire l’incapacité à distinguer les sources testimoniales fiables des sources testimoniales non fiables.
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