Forteresses insulaires, isolats politiques et emprise territoriale impérialiste, de Platon à Rousseau

RésuméÀ travers l’analyse de figures insulaires emblématiques, cet article explore la fonction géopolitique, utopique et stratégique des îles dans la pensée politique et morale depuis l’Antiquité. Leur isolement permet d’y projeter des modèles de sociétés harmonieuses, autosuffisantes et ordonnées....

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Bachofen, Blaise
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2026
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Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:RésuméÀ travers l’analyse de figures insulaires emblématiques, cet article explore la fonction géopolitique, utopique et stratégique des îles dans la pensée politique et morale depuis l’Antiquité. Leur isolement permet d’y projeter des modèles de sociétés harmonieuses, autosuffisantes et ordonnées. Leur clôture, naturelle ou artificielle, en fait des laboratoires idéaux d’expérimentation sociale. Rousseau prolonge cette tradition en idéalisant deux îles réelles : la Corse, perçue comme potentiellement républicaine, et l’île de Saint-Pierre, refuge personnel et microcosme de sérénité. Mais la comparaison entre les textes sur la Corse et sur la Pologne révèle une méditation plus sombre sur la disparition tendancielle des territoires préservés. En décrivant la Terre comme l’« île du genre humain », espace entièrement conquis, sans échappatoire, Rousseau anticipe la disparition de toute terra nullius et l’universalisation de l’emprise impériale, tout en affirmant la nécessité de résister à la domination et à l’uniformisation mondiale : les « corps politiques » doivent se structurer intérieurement, par le civisme et la cohésion, pour préserver leur autonomie. L’utopie se déplace, de l’île géographique à l’îlot moral.