Mystification de soi et vérité du moi : le badinage dans La Vie de Marianne de Marivaux et les Lettres de la Marquise de Crébillon

L’article propose d’étudier les implications philosophiques du badinage dans La Vie de Marianne et les Lettres de la Marquise, en y lisant une réponse à la question pascalienne du moi. Parce qu’ils mettent en scène des héroïnes qui se pensent et agissent selon des modèles fictionnels, Marivaux et...

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Detalles Bibliográficos
Autor principal: Ginot, Elisabeth
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2023
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:L’article propose d’étudier les implications philosophiques du badinage dans La Vie de Marianne et les Lettres de la Marquise, en y lisant une réponse à la question pascalienne du moi. Parce qu’ils mettent en scène des héroïnes qui se pensent et agissent selon des modèles fictionnels, Marivaux et Crébillon présentent le moi comme une fiction, au sens moderne d’œuvre de l’imagination pour l’un, et au sens platonicien d’illusion pour l’autre. Mais si la fabulation a un rôle capital dans la subjectivation, elle n’est pas sans danger : nourri de fictions, comment le moi peut-il rester maître de ses représentations ? Tandis que Crébillon nous montre que le sourire badin ne suffit pas pour se préserver de l’aliénation fictionnelle, Marivaux emploie transitivement l’expression « prendre en badinage », ancrant le badinage dans une dialectique de l’imagination, du sentiment et de la mémoire.