« La perfide etant entetée [de l’amant] a seu si bien jouër son rolle ». Récits de violences conjugales dans le dispositif des placets et lettres de cachet

Les récits de violences conjugales tels qu’ils sont narrés par les époux·ses des milieux populaires parisiens dans les lettres qu’ils et elles adressent au lieutenant général de police, avec l’espoir d’obtenir un ordre du roi d’enfermement de la/du conjoint·e, sont source d’une grande richesse pour...

وصف كامل

محفوظ في:
التفاصيل البيبلوغرافية
المؤلف الرئيسي: Tricot, Fanny
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: 2023
الموضوعات:
الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
الوصف
الملخص:Les récits de violences conjugales tels qu’ils sont narrés par les époux·ses des milieux populaires parisiens dans les lettres qu’ils et elles adressent au lieutenant général de police, avec l’espoir d’obtenir un ordre du roi d’enfermement de la/du conjoint·e, sont source d’une grande richesse pour appréhender les normes qui régissent la vie conjugale et les relations de pouvoir dans l’espace social au 18e siècle. Des mises en scène de positions subjectives apparaissent dans ces récits à travers une analyse associant la méthodologie de l’étude de cas à des cadres théoriques élaborés par Bourdieu et Foucault. L’analyse du jeu auquel se soumettent les époux·ses dans le dispositif des placets et lettres de cachet – depuis la position de chercheur·e (en dehors du jeu) – laisse entrevoir la mise en œuvre de tactiques consistant à dresser des portraits de soi et de l’autre ajustés aux représentations des dominants relatives à la masse populaire. En endossant pleinement mais non passivement les rôles sociaux de classe et de genre prescrits et attendus (une connaissance pratique, intériorisée, est mobilisée), les époux·ses peuvent accroître la valeur de leurs discours et créer des marges de manœuvre dans l’ordre imposé.