La suspension du temps dans Point de lendemain : lecture sensualiste d’un nocturne libertin

Dans Point de lendemain (1777) de Denon, un impromptu libertin est décrit comme une quête de suspension du temps. Les amants cherchent à dilater la durée de cette nuit. En manipulant savamment leurs sensations, en ralentissant le rythme de leurs plaisirs, ils parviendront même à jouir de l’illusion...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Ganofsky, Marine
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2017
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Dans Point de lendemain (1777) de Denon, un impromptu libertin est décrit comme une quête de suspension du temps. Les amants cherchent à dilater la durée de cette nuit. En manipulant savamment leurs sensations, en ralentissant le rythme de leurs plaisirs, ils parviendront même à jouir de l’illusion d’être entrés dans une bulle temporelle, celle d’un temps infini et pour toujours suspendu dans la seconde de leur extase. Ce topos libertin des lenteurs amoureuses, inspiré de l’ Art d’aimer d’Ovide, est ici analysé à travers le prisme des théories sensualistes et matérialistes dont le 18e siècle était imprégné. Cet article propose des rapprochements entre le texte libertin de Denon, la nouvelle expérience du temps humain au siècle des Lumières, et les théories de Condillac et La Mettrie sur la sensation et la temporalité. L’enjeu de cette lecture de Point de lendemain est d’explorer les motivations profondes derrière les lenteurs libertines. Il s’agit pour ces amants fictifs non seulement de mieux savourer leurs plaisirs mais aussi, sinon surtout, de jouir de l’impression d’avoir échappé aux finitudes humaines en ressaisissant, grâce aux illusions générées par la sensation et l’imagination, une expérience de l’infini et de l’éternité.