Le sang lave-t-il l’honneur à Rome ?

Résumé Résumé : Dans le modèle anthropologique de l’« honneur méditerranéen », le déshonneur est vu comme une tache que le sang peut laver, en raison de sa fonction purificatrice. Un homme offensé peut laver son honneur en faisant couler le sang de son ennemi comme une femme déshonorée peut laver le...

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1. Verfasser: Greggi-Badel, Candice
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2024
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Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Zusammenfassung:Résumé Résumé : Dans le modèle anthropologique de l’« honneur méditerranéen », le déshonneur est vu comme une tache que le sang peut laver, en raison de sa fonction purificatrice. Un homme offensé peut laver son honneur en faisant couler le sang de son ennemi comme une femme déshonorée peut laver le sien en faisant couler son propre sang par le suicide. Cet article désire vérifier l’existence de ce modèle dans la Rome antique à travers l’analyse des œuvres de quatre auteurs, Cicéron, Tite-Live, Valère Maxime et Sénèque. La réponse est négative car les Romains pensent que le sang de la blessure, le cruor, a un effet corrupteur et de plus le rapprochent du vin et non de l’eau. Les contre‑exemples proposés – le suicide de Lucrèce et le meurtre de Virginie chez Tite-Live et Valère Maxime – se rapportent à une logique différente. L’expression sanguine luo ou abluo existe bien chez Cicéron et Sénèque, mais elle y a le sens de « camoufler » et non de « purifier ».