Quand le silence structure l’intime : héritage des violences sexuelles coloniales
Cet article explore les effets du silence entourant les violences sexuelles de masse subies par les femmes esclavisées dans les sociétés post-coloniales créoles (Antilles et île de la Réunion). Ce silence apparaît comme un dispositif à la fois politique et relationnel, structurant les liens intimes...
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| Principais autores: | , , |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2026
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Cet article explore les effets du silence entourant les violences sexuelles de masse subies par les femmes esclavisées dans les sociétés post-coloniales créoles (Antilles et île de la Réunion). Ce silence apparaît comme un dispositif à la fois politique et relationnel, structurant les liens intimes à travers un « arché-trauma » dont la transmission, faute de symbolisation, s’opère dans l’ombre. En analysant le concept d’abjection-érotisée, l’étude démontre comment ce mutisme originel produit une diffraction horizontale de la violence, transformant le foyer contemporain en une « micro-plantation » où les corps agissent ce que les mots ne peuvent nommer. Le silence institutionnel engendre ainsi des figures cliniques spécifiques : l’Homme-Cénotaphe, marqué par une défiliation radicale, et la femme Poto-Mitan, dont le « retour du stigmate » tente de restaurer une souveraineté psychique. La violence conjugale est ici décryptée comme le langage tragique d’une mémoire dont les mots ont été confisqués par l’histoire. Enfin, les auteurs proposent le marronnage psychique comme une voie de résistance symbolique, permettant de rompre avec la répétition traumatique et de réinvestir une capacité de subjectivation libérée du déni colonial. |
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