Pourrait-on faire sans la langue et ses frontières ?

Si l’on est d’accord avec les sociolinguistes qui affirment que la notion de langue ne peut modéliser les productions langagières des locuteurs dans leurs interactions sociales, on ne peut également pas nier le fait que les fonctions que les langues assument dans les enjeux sociaux majeurs leur offr...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
Glavni avtor: Tirvassen, Rada
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2010
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Si l’on est d’accord avec les sociolinguistes qui affirment que la notion de langue ne peut modéliser les productions langagières des locuteurs dans leurs interactions sociales, on ne peut également pas nier le fait que les fonctions que les langues assument dans les enjeux sociaux majeurs leur offrent ces frontières contestées. En nous appuyant sur une observation de certains aspects de la réalité sociolinguistique mauricienne, nous avons voulu montrer, dans cet article, le rôle que joue la langue créole dans la (dé)/(re)structuration de la société mauricienne. Le créole qui, pendant une courte période de l’histoire (sociolinguistique) mauricienne, a été perçue comme l’outil pouvant assurer l’unité de la nation mauricienne est, aujourd’hui, revendiqué comme l’instrument qui peut donner un fondement à l’émergence du groupe ethnique créole. Seule cette analyse sociolinguistique peut expliquer à la fois la demande sociale pour une langue dont les valeurs instrumentales demeurent limitées dans une société qui connaît une forte mobilité sociale et les pressions exercées sur l’Etat mauricien pour qu’elle soit standardisée.