Le traitement des affaires non résolues en France

L’objectif de cette étude était de s’intéresser aux affaires d’homicides non résolues sous tous leurs aspects. Il s’agissait de souligner les facteurs entravant l’élucidation de ces affaires afin de mieux comprendre pourquoi certaines affaires d’homicides pouvaient être amenées à devenir des cold c...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Guillaume Crane, Anaïs
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2022
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:L’objectif de cette étude était de s’intéresser aux affaires d’homicides non résolues sous tous leurs aspects. Il s’agissait de souligner les facteurs entravant l’élucidation de ces affaires afin de mieux comprendre pourquoi certaines affaires d’homicides pouvaient être amenées à devenir des cold cases. Dans un second temps il s’agissait de comprendre pourquoi certaines de ces affaires finissaient par être résolues de nombreuses années après les faits, et donc de mettre en avant les facteurs facilitant l’élucidation tardive. Pour cela, des entretiens avec des professionnels (magistrats, enquêteurs et avocats) ont été réalisés, et une quinzaine d’affaires d’homicides ont été analysées puis modélisées sous forme de tableaux afin de comparer les différents critères propres aux victimes, au crime en lui-même, ainsi que les facteurs inhibant ou facilitant l’élucidation. Suite à cette recherche, il convenait de formuler des recommandations à destination de la justice ainsi que des services d’enquête afin d’améliorer la prise en charge de ces affaires particulières, notamment en s’appuyant sur l’expérience américaine ou encore néerlandaise. À partir des données recueillies, plusieurs éléments centraux ont été identifiés. Un certain nombre de facteurs principaux entravent l’élucidation des affaires d’homicides : il s’agit principalement d’éléments humains, comme l’absence de témoins ou la non-coopération de ceux-ci. Les éléments matériels, issus de la criminalistique ainsi que les éléments d’identification n’ayant pas « matché » dans les bases de données sont également des facteurs récurrents. Enfin, il apparaît régulièrement des manquements de la part des enquêteurs ou des magistrats en charge de l’enquête. Concernant la reprise d’enquête, les éléments permettant de relancer, voire résoudre l’affaire, sont principalement les avancées en matière de police technique et scientifique et les « matchs » dans les bases de données, ainsi que le regard neuf propre à la reprise d’enquête permettant de mettre en avant des éléments nouveaux et d’éviter l’effet tunnel. En définitive, l’élucidation dépend de facteurs à la fois endogènes et exogènes, les circonstances du crime en lui-même et les caractéristiques des victimes sont à prendre en compte au même titre que les méthodes d’enquête. Il y a donc des facteurs à la fois humains et matériels, même si les premiers sont proéminents.