Les « regroupements » de la guerre d’Algérie, des « villages stratégiques » ?
Résumé Les « regroupements » créés par l’armée française pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) appartiennent à ces lieux que l’historien Christian Gerlach a qualifiés de « villages stratégiques ». Or le terme de « village » est-il bien adapté pour nommer ces espaces d’enfermement d...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2018
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Résumé
Les « regroupements » créés par l’armée française pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) appartiennent à ces lieux que l’historien Christian Gerlach a qualifiés de « villages stratégiques ». Or le terme de « village » est-il bien adapté pour nommer ces espaces d’enfermement d’une population civile autoritairement déplacée ? Fruits d’une stratégie militaire et administrative conduite au cas par cas, les « regroupements » d’Algérie ressemblent le plus souvent à des camps dans lesquels végète une population privée de ses libertés fondamentales et durablement précarisée par un déracinement brutal qui l’expose à la dépendance, aux crises sanitaires et à la surmortalité. Si le terme de « village » s’est imposé pendant la guerre, il convient d’en interroger les usages afin de souligner que, loin d’être ce projet de développement contraint de la société rurale porté par une minorité d’acteurs, le regroupement fut d’abord et surtout un moyen de justifier l’injustifiable : une politique de déplacement forcé de populations civiles menée à grande échelle par l’administration et l’armée françaises – et ce à moins d’une décennie de la fin de la seconde guerre mondiale.
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