Shmattès : la mémoire par le rebut, déchiré n'est pas perdu
A partir du mot yiddish shmattè désignant le tissu déchiré, nous proposons d’interroger ces langues vagabondes que nous avons parfois sous la langue, que nous ne parlons pas et qui pourtant nous habitent et survivent de génération en génération au fil de la mémoire d’une culture. C’est une rencon...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2003
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | A partir du mot yiddish shmattè désignant le tissu déchiré, nous proposons d’interroger ces langues vagabondes que nous avons parfois sous la
langue, que nous ne parlons pas et qui pourtant nous habitent et survivent de
génération en génération au fil de la mémoire d’une culture. C’est une
rencontre visuelle, avec l’œuvre de Michel Nedjar réalisant des poupéesmonstres avec des shmattès, qui m’a permis de me pencher sur ces fantômes
de l’histoire que sont certains mots de langues très près du corps comme le
yiddish qui est une langue dans la bouche, une langue de contact comme ces
tissus qui nous enveloppent. Parfois la grande histoire (celle avec une grande
H disait Lacan) déchire les tissus mais déchiré n’est pas perdu et les œuvres
de la culture témoignent aussi et surtout de la survivance des langues, des
mots et avec les langues tous les affects qui nous font êtres humains. Car
parler une langue et surtout une « lalangue » ou une « mamalangue » (une
mameloshn comme l’est le yiddish) c’est parler du plus profond du corps là
où la voix prend corps et prend appui pour parler toutes les autres langues qui
serviront à faire lien entre les hommes. Si nous ne parlons plus avec cette voix
du corps (et d’un corps de langue sous la langue) alors le risque est grand pour
que nous ne parlions plus de notre place d’humain. Cet article est un éloge
aux fantômes qui traversent nos cultures à l’heure du nucléaire... |
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