Génétique et « tourisme procréatif »
De plus en plus souvent, les services de génétique reçoivent des personnes qui ont eu recours à l’étranger à des pratiques d’assistance médicale à la procréation non autorisées en France. Il est parfois difficile de savoir quelle réponse leur apporter d’un point de vue médical, juridique et éthique....
Shranjeno v:
| Auteurs principaux: | , , , , |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
2020
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| Teme: | |
| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | De plus en plus souvent, les services de génétique reçoivent
des personnes qui ont eu recours à l’étranger à des pratiques
d’assistance médicale à la procréation non autorisées en
France. Il est parfois difficile de savoir quelle réponse leur
apporter d’un point de vue médical, juridique et éthique.
La réflexion présentée ici part d’une situation clinique :
un couple de femmes, mères de deux enfants conçus par
insémination artificielle avec les spermatozoïdes d’un même
donneur danois apprend par la suite que ce donneur est
porteur d’une anomalie génétique associée à une maladie
autosomique récessive grave. Souhaitant avoir un troisième
enfant, toujours avec le même donneur, elles consultent une
équipe de généticiens. Dans ce cas, il est possible de réaliser
un test génétique chez la femme qui serait la mère biologique
de l’enfant : si celle-ci n’est pas porteuse de l’anomalie
génétique, l’enfant ne court pas de risque d’être malade.
Le laboratoire de référence pour réaliser l’étude du gène,
sollicité après cette consultation, refuse de tester cette femme.
Dans cet article, nous cherchons à mieux comprendre dans
quel ensemble de pratiques et de valeurs cette demande et
cette réponse se situent. Comment interpréter l’encadrement
juridique ? Y-a-t-il discrimination ? Comment comprendre
l’insistance à avoir une fratrie issue d’un même donneur ?
Par-delà l’opposition trop simple entre le désir du couple
d’un côté auquel répondrait l’encadrement légal de l’autre,
nous avons voulu explorer la richesse et la complexité des
logiques psychologiques, sociales, politiques, économiques,
médicales, éthiques, juridiques et familiales en jeu : il paraît
important, tant pour les patients que pour les équipes médicales et soignantes, de pouvoir inscrire chaque situation
particulière dans un contexte plus global dont les logiques
n’obéissent pas aux mêmes nécessités. |
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