La quête d’une identité impériale Le néo-eurasisme dans la Russie contemporaine, Marlène Laruelle, Editions Pétra, Paris, 2007, 314 p.
Des régions et assemblées municipales du Sud et de l’Est de l’Ukraine, où résident en majorité des russophones, ont accordé symboliquement début 2006 à la langue russe le statut de langue régionale, voire de seconde langue d’Etat, suscitant de vifs débats au sein de la classe politique, qui n...
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| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
2007
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| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | Des régions et assemblées municipales du Sud et de l’Est de
l’Ukraine, où résident en majorité des russophones, ont accordé
symboliquement début 2006 à la
langue russe le statut de langue
régionale, voire de seconde
langue d’Etat, suscitant de vifs
débats au sein de la classe politique, qui n’a pas manqué en
cette période électorale, d’instrumentaliser le thème du statut
du russe, que ce soit pour lui en
donner un ou le lui dénier farouchement. Si l’ukrainien est bien
la seule langue officielle, juridiquement, seul le Parlement peut
décider de faire du russe une
langue d’Etat, mais encore fau-drait-il que les députés votent en
ce sens à la majorité qualifiée,
hypothèse improbable, mais qui
ne manque pas d’être évoquée,
telle une menace, notamment
par le Parti des régions, dit prorusse. La situation est paradoxale à maints égards : le russe
reste la langue de toute l’activité
économique et des médias privés,
est largement utilisé dans la vie
quotidienne, au moins dans certaines régions, et demeure un
vecteur de communication entre
diverses communautés linguistiques, mais le scandale éclate
quand un ministre s’adresse en
russe aux députés de la Rada...
C’est en fait toute la définition
de la nation ukrainienne et de
son intégrité qui est en jeu, les
défenseurs de la langue d’Etat ne
manquant pas de rappeler que le
russe fut imposé au pays par
Moscou, à l’époque soviétique,
l’autre camp récusant bien sûr ce
jugement. Le constat du décalage entre le caractère souvent
très radical des prises de position
tant en faveur du russe que de
l’ukrainien et la timidité des
mesures effectivement prises en
général invitent à examiner comment la question linguistique
s’inscrit dans la conjoncture
politique et représente un enjeu
et un outil dans les luttes pour le
pouvoir, ainsi que dans les relations avec Moscou. |
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