Les mouvements extrémistes en Russie

Malgré l’existence des Centuries noires, responsables de 700 pogroms anti-juifs en 1905-1906, les positions ouvertement pro-nazies de certains cercles d’émigrés russes, ou encore le mouvement nationaliste et antisémite Pamiat (Mémoire) des années Gorbatchev, la Russie n’a pas, historiquement...

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Hlavní autor: Duquenne, Henri
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2007
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:Malgré l’existence des Centuries noires, responsables de 700 pogroms anti-juifs en 1905-1906, les positions ouvertement pro-nazies de certains cercles d’émigrés russes, ou encore le mouvement nationaliste et antisémite Pamiat (Mémoire) des années Gorbatchev, la Russie n’a pas, historiquement, de véritable tradition fascisante nationale. Les diverses tentatives pour implanter un mouvement extrémiste de masse ont échoué, ne recueillant l’adhésion que d’une minorité. Dans le contexte particulier de l’effondrement de l’empire soviétique, vécu comme une tragédie, des mouvements extrémistes organisés ou des groupuscules vont se revendiquer de l’idéologie nazie, national-bolchevique ou encore eurasiste, tout en se militarisant et en passant à l’acte contre les non-Slaves, sous l’œil souvent bienveillant des médias, évoquant la menace de colonisation du territoire par les Caucasiens, Asiatiques ou Musulmans, etc. Cette tendance est favorisée par la banalisation du discours nationaliste, commun à l’ensemble des grandes formations politiques. Ces mouvements ont par ailleurs infiltré les structures étatiques, notamment celles de force (Défense, Intérieur et Sécurité), expliquant l’apparente facilité avec laquelle ils s’arment et s’entraînent dans des camps. La faiblesse de la répression policière et judiciaire donne l’impression qu’il est aujourd’hui possible d’inciter à la haine raciale et de traduire ses idées en actes, dans une quasi-impunité. La réponse des autorités aux émeutes raciales contre des Tchétchènes, dans une ville du nord de la Russie, impulsées par le Mouvement contre l’immigration illégale, fut ainsi d’interdire tout simplement, sur tout le territoire russe, aux étrangers (Caucasiens notamment) de vendre sur les marchés, alors qu’ils y étaient jusque-là nettement les plus nombreux. Les cibles des extrémistes (des skinheads en particulier) sont aussi plus largement les démocrates et les libéraux, dits ennemis de la nation, la liste de ceux désignés comme «à abattre» figurant sur internet. Néanmoins, le Parti nationalbolchevique, spécialiste des opérations hostiles à V. Poutine, aux représentants de l’autorité ou aux oligarques, et dont de nombreux militants sont en prison, est, lui, officiellement interdit, parce qu’il menace l’autorité de l’Etat...