Russie

La loi du 24 juillet 2002, entrée en vigueur le 27 janvier 2003, marque un tournant dans l’émergence d’un véritable marché foncier en Russie. Libéralisant et simplifiant les transactions portant sur le foncier agricole, elle exclut toutefois de la possession des terres les non Russes ou les...

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Auteur principal: Cordonnier, Christophe
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2003
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:La loi du 24 juillet 2002, entrée en vigueur le 27 janvier 2003, marque un tournant dans l’émergence d’un véritable marché foncier en Russie. Libéralisant et simplifiant les transactions portant sur le foncier agricole, elle exclut toutefois de la possession des terres les non Russes ou les entreprises majoritairement contrôlées par des capitaux étrangers, auxquelles elle laisse la possibilité de les louer. Cette réforme intervient à un moment où l’agriculture connaît un rebond de production et de productivité avec, il est vrai, de fortes différences selon les régions et ce, alors que les aides publiques ont considérablement baissé. Dans ce contexte, alors que le développement des fermes privées subit un tassement sensible, un noyau de grandes fermes collectives, transformées en sociétés par actions, a réussi à s’adapter aux nouvelles règles du jeu. Face à la chute des intrants aux prix trop élevés, elles contribuent à faire de l’agriculture russe la plus écologique au monde ! Elles se sont en outre dotées de réseaux de distribution et de valorisation de leurs produits, parfois avec l’appui de sociétés étrangères. Ce rebond a été encouragé du fait de la crise financière de 1998, entraînant un phénomène de substitution aux importations devenues trop onéreuses à la suite de la dévaluation du rouble : la production agro-alimentaire a ainsi augmenté de 30 % entre 1998 et 2001. La production agricole a connu, elle aussi, une progression spectaculaire (20 %), permettant à la Russie d’exporter des céréales pour la première fois depuis l’époque tsariste, au point de menacer les positions de l’Union européenne. C’est alors qu’entrent en scène les «oligarques», magnats du pétrole ou des nonferreux, qui rachètent des exploitations en faillite pour créer des agroholdings. Mais la Russie ne pourra pas faire l’économie d’une politique des marchés agricoles qui se confond largement avec l’intégration du pays dans l’OMC. Elle devra aussi favoriser l’émergence d’une classe d’entrepreneurs agricoles et reconstituer un système national de crédit.