La situation des universités catholiques en France
Quand les universités sont comprises comme des vestiges d’un passé lointain et illusoire, quand elles deviennent trop souvent le théâtre de modes et fièvres idéologiques, quand on doute de pouvoir y connaître le dialogue et l’étude, c’est l’ensemble de l’expérience humaine et civique qui s’obscurcit...
שמור ב:
| Auteurs principaux: | , , |
|---|---|
| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Français |
| יצא לאור: |
2026
|
| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | Quand les universités sont comprises comme des vestiges d’un passé lointain et illusoire, quand elles deviennent trop souvent le théâtre de modes et fièvres idéologiques,
quand on doute de pouvoir y connaître le dialogue et l’étude, c’est l’ensemble de l’expérience humaine et civique qui s’obscurcit. On se demande anxieusement où trouver
un lieu, une communauté, où les conflits de la cité pourraient être loyalement élucidés
plutôt que refoulés et aggravés. On en vient à douter que la vérité soit quelque chose
qui mérite d’être cherché.
Ces défis comme ces promesses sont communs aux universités publiques et aux universités catholiques, qui sont depuis des siècles embarquées, séparément et ensemble,
dans la responsabilité du savoir. Si elles sont tentées, en France, de se livrer bataille
pour attirer les jeunes qui s’obstinent à naître, si elles risquent de s’abandonner à la
compétition planétaire pour le meilleur classement, à la montée aux extrêmes que
déclenche la guerre, sans examiner leur finalité permanente, elles sont avant tout appelées à témoigner hic et nunc de la conception de l’intelligence et de l’éducation qui les
inspire, du service qu’elles promettent de rendre.
Elles ne doivent pas oublier la règle énoncée par Péguy : « Les dialogues véritables
ne se poursuivent efficaces que dans les hauteurs. Celle des deux qui en définitive sera
capable de réaliser le monde le meilleur, de la charité chrétienne ou de la solidarité
moderne, celle donc qui vaudra le mieux, sera celle aussi qui vaudra le plus » (Œuvres
en prose complètes, t. I, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1987, p. 905).
Les trois essais qui suivent, écrits séparément et conçus ensemble, examinent la
situation des universités catholiques dans la France d’aujourd’hui.
Giulio De Ligio |
|---|