La défense : épreuve de vérité franco-allemande et européenne

Traités et relations ne tiennent qu’au regard des réalités. Nous le voyons dans l’état du monde bouleversé par les coups de boutoir qui sont aujourd’hui donnés à l’ordre juridique, aux règles économiques, aux équilibres militaires et au corpus de valeurs qui les soutenaient. Dans un tel contexte for...

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Hlavní autor: de Montferrand, Bernard
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2026
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Traités et relations ne tiennent qu’au regard des réalités. Nous le voyons dans l’état du monde bouleversé par les coups de boutoir qui sont aujourd’hui donnés à l’ordre juridique, aux règles économiques, aux équilibres militaires et au corpus de valeurs qui les soutenaient. Dans un tel contexte fort dangereux, l’Union européenne aurait pu être, avec ses 27 États, un facteur de résistance et de stabilité. Malgré le maintien d’une cohésion apparente, elle ne l’a pas été à la mesure de sa puissance théorique. En 2025, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, les 29 pays européens ont dépensé 559 milliards de dollars pour la défense contre 190 pour la Russie. Depuis plusieurs décennies, les Européens ont commis l’erreur de s’endormir sur leur défense. Aujourd’hui réveillés, vont-ils faire les bons choix en construisant un outil de coopération efficace ou poursuivre les erreurs sous une forme différente, avec une défense déconnectée des réalités ? Au filtre de la sécurité, on ne peut guère tricher sur la nature de la construction européenne, fédérale, confédérale ou Europe des États-nations, sur les frontières de cette Europe, sur sa volonté d’être maîtresse de son destin ou soumise à des influences extérieures, sur le niveau de solidarité et de préférence que ses membres se doivent les uns les autres. Dans ce paysage bouleversé, apparaît une nouvelle fois ce fait qu’il ne peut y avoir de construction d’une coopération européenne solide sans une relation de confiance positive entre la France et l’Allemagne. Ces deux principales puissances du continent peuvent faire des tours de danse avec qui leur plaît mais, pour finir, sont obligées d’en revenir au cœur de l’Europe qu’elles constituent car le danger de leurs divergences serait trop grave. B. de M.