De la dissuasion nucléaire aujourd’hui

Dans les années qui ont suivi l’acquisition d’un arsenal nucléaire par les États-Unis et l’URSS, une intense réflexion sur l’art de la dissuasion a été lancée dans les milieux universitaires et militaires américains. L’ennemi disposant de ces mêmes armes effroyables, la vocation fondamentale de cell...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Lamassoure, Alain
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2026
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Dans les années qui ont suivi l’acquisition d’un arsenal nucléaire par les États-Unis et l’URSS, une intense réflexion sur l’art de la dissuasion a été lancée dans les milieux universitaires et militaires américains. L’ennemi disposant de ces mêmes armes effroyables, la vocation fondamentale de celles-ci était de ne pas servir dans un conflit armé, mais bel et bien de l’empêcher. Mais comment assurer la crédibilité d’une arme si chacun sait que l’objectif ultime est de ne pas l’utiliser ? En France, Raymond Aron a été un des tout premiers à se plonger dans la problématique de la dissuasion nucléaire. Dès 1962, son œuvre majeure Paix et Guerre entre les nations en explorait les dimensions historique, technologique, militaire, philosophique et morale. J’ai eu la chance de pouvoir suivre son cours de stratégie nucléaire à Sciences Po (publié en 1963 sous le titre Le Grand Débat. Initiation à la stratégie atomique). Cela m’a permis d’effectuer mon service militaire auprès du premier service créé au ministère de la Défense pour étudier le potentiel politique de la « force de frappe », dont la France était en train de se doter. Puis, conseiller technique à l’Élysée auprès de Valéry Giscard d’Estaing sur de tout autres sujets, j’ai participé aux permanences de nuit et de week-end de la veille nucléaire entre le président de la République et le Commandement opérationnel des Armées. Son dénouement inespéré avait pu faire croire à nos opinions publiques que ces temps étaient révolus. Mais, depuis que Vladimir Poutine a déclenché une guerre totale contre l’Ukraine et brandi la menace de la foudre nucléaire contre l’Occident, il est peut-être temps de se replonger dans la logique déroutante et, à vrai dire, proprement infernale de la relation entre puissances nucléaires. Une réflexion qui ne peut plus se borner aux limites de l’Hexagone. A. L.