Le nouvel État irakien de 2003 et le piège du communautarisme

La chute du régime de Saddam Hussein en 2003 a entraîné avec elle le premier État irakien dont il fut le dernier avatar. Face au risque d’un chaos généralisé, les Américains n’eurent d’autre choix que de s’adresser aux exclus de l’ancien système, chiites et Kurdes, afin de refonder dans l’urgence de...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Luizard, Pierre-Jean
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2021
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:La chute du régime de Saddam Hussein en 2003 a entraîné avec elle le premier État irakien dont il fut le dernier avatar. Face au risque d’un chaos généralisé, les Américains n’eurent d’autre choix que de s’adresser aux exclus de l’ancien système, chiites et Kurdes, afin de refonder dans l’urgence de nouvelles institutions. Tandis que les élites du régime déchu se tournaient de façon croissante vers la mouvance salafiste (Al-Qaïda puis Daech), le tandem chiito-kurde monopolisera les principales fonctions politiques du pays. Sous couvert d’un fédéralisme dévoyé, le Kurdistan semblait voguer vers une forme d’indépendance, tandis que les partis islamistes chiites, de retour de leur exil iranien, remplaçaient les anciens partis politiques qui avaient reçu un soutien parmi la communauté, notamment le Baas et les communistes. Les Américains allaient apprendre à leurs dépens qu’il est beaucoup plus facile de diriger un pays sous occupation à travers une minorité qu’à travers des majorités. En 2014, la division en trois du territoire irakien sur des bases ethniques et confessionnelles, avec l’émergence de Daech, est un fait acquis. La destruction du centre historique de Mossoul, métropole de la zone arabe sunnite, principalement par les bombardements de la coalition menée par les États-Unis contre Daech, sembla alors achever le divorce entre les communautés. Les mouvements de contestation de la société civile contre la déliquescence de l’État, notamment chez les chiites à partir de 2015, illustrent bien une situation inextricable.