La Jordanie et les Palestiniens, les meilleurs des ennemis : voyage dans l’espace et le temps

Ce n’est qu’avec le partage colonial de l’entre-guerre que la fluidité séculaire du Levant s’est bloquée, alors que les états-nations commençaient péniblement à se profiler. Ce processus n’est d’ailleurs pas accompli aujourd’hui, un siècle plus tard. L’accueil des réfugiés palestiniens en Jordanie...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Heacock, Roger
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2019
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Descripció
Sumari:Ce n’est qu’avec le partage colonial de l’entre-guerre que la fluidité séculaire du Levant s’est bloquée, alors que les états-nations commençaient péniblement à se profiler. Ce processus n’est d’ailleurs pas accompli aujourd’hui, un siècle plus tard. L’accueil des réfugiés palestiniens en Jordanie (1948, 1967, 1991) a ainsi été vécu dans ce nouveau pays de manière contradictoire : ils venaient (comme du reste dans les pays du Golfe arabo-persique) aider à la construction de la nation, mais en même temps, déséquilibrer les rapports inter-tribaux, et fragiliser encore plus l’emprise des nouveaux souverains hachémites originaires d’Arabie. La volatilité de ces rapports aujourd’hui n’a ainsi rien de nouveau, d’autant plus que le sentiment d’appartenance à la nation palestinienne se renforce en dépit du temps qui passe chez ces citoyens de deuxième zone bien qu’omniprésents dans toutes les professions, sauf les plus martiales, et même jusque dans le palais royal puisque la reine est palestinienne. Mais en même temps, cette identité se dédouble d’une conscience panarabe, ou pan-syrienne renforcée, qui n’a rien du politique d’antan, et tout d’un imaginaire transfrontalier qui tend paradoxalement à unir les différents habitants de la Jordanie entre eux.