La porte étroite : les musulmans dans la République
En quelques décennies, une « communauté » musulmane s’est constituée en composante significative, très diverse, active et visible, de la société française. Cette modification du paysage culturel est intervenue à un moment où le pays était fragilisé par une double crise : crise d’un projet social h...
Kaydedildi:
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2016
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| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | En quelques décennies, une « communauté » musulmane
s’est constituée en composante significative, très diverse,
active et visible, de la société française. Cette modification
du paysage culturel est intervenue à un moment où
le pays était fragilisé par une double crise : crise
d’un projet social hérité de la Résistance et des Trente
Glorieuses, aujourd’hui miné par la mondialisation
économique libérale ; crise aussi d’une Union européenne
qui s’affichait porteuse d’idéaux mais a été incapable de
dessiner un avenir autre que conforme aux exigences d’un
marché sans entraves. En l’absence d’un nouveau projet
social et sociétal réellement égalitaire, qui serait apte à
intégrer avec un minimum de conflits ses diversités, le pays
voit maintenant toutes ses composantes dangereusement
taraudées par des inquiétudes identitaires que des
acteurs divers exploitent. Jugée contestable en raison de
certains usages, notamment à la droite et à l’extrême
droite de l’échiquier politique, avec l’idée d’une
menace musulmane globale au plan intérieur, la notion
d’« insécurité culturelle » caractérise assez bien, pourtant,
cette période où chacun s’interroge sur l’avenir qui sera le
sien : à une crainte du déclassement largement présente,
s’ajoutent des blessures touchant aux liens d’appartenance
symbolique. Ces diverses fragilités ne sont pas propres à la
société majoritaire ; elles traversent et structurent aussi
les mouvances minoritaires. Les affronter simultanément,
en réduisant les instrumentalisations de l’identité, est sans
doute un enjeu politique central de la période.
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