Le diagnostic comme symptôme

La maladie d’Alzheimer est une maladie organique : tel est le dogme positiviste actuellement dominant. Cependant, le manque de fiabilité du diagnostic et les échecs répétés à trouver des traitements efficaces incitent à remettre en question l’hégémonie de ce dogme. Ceci est d’autant plus urgent qu’u...

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Detalles Bibliográficos
Autor Principal: de Bilbao, Fabienne
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2019
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:La maladie d’Alzheimer est une maladie organique : tel est le dogme positiviste actuellement dominant. Cependant, le manque de fiabilité du diagnostic et les échecs répétés à trouver des traitements efficaces incitent à remettre en question l’hégémonie de ce dogme. Ceci est d’autant plus urgent qu’un dépistage de masse s’organise pour poser des diagnostics de plus en plus précocement. Ici, l’hypocrisie serait de se dire que c’est toujours pour le bien du patient qu’il est diagnostiqué. En accord avec la thèse foucaldienne sur la circularité propre au savoir et au pouvoir, le diagnostic, comme pratique discursive, constitue l’exercice d’un pouvoir qui produit des effets cliniques. Ces effets participent à la constitution d’un savoir qui renforce en retour ce pouvoir. Un discours qui créerait les conditions favorables à faire exister ce qu’il affirme. Sous couvert d’une rationalité emprunte de moralité, ce savoir-pouvoir, dont on devine l’impact mortifère, revêt des allures de sacrifice : celui du sujet inconscient. Il serait un partenaire actif du refoulement. C’est à ce titre que nous envisagerons l’acte diagnostic comme le symptôme du clinicien.