De l'épitaphe vocale au crime : la voix du zeibekiko, instrument de l'honneur

RésuméNous cherchons à mettre en évidence le rôle de la voix, de la poésie chantée dans ces « années de pierre » où les vaincus, à travers la poésie, convoquent l’histoire. C’est un témoignage chanté, une mémoire active, à travers laquelle la poésie sauve les mots de l’oubli, une sorte d’« épitaphe...

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التفاصيل البيبلوغرافية
المؤلف الرئيسي: Kousouri-Arapis, Marina
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: 2011
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الملخص:RésuméNous cherchons à mettre en évidence le rôle de la voix, de la poésie chantée dans ces « années de pierre » où les vaincus, à travers la poésie, convoquent l’histoire. C’est un témoignage chanté, une mémoire active, à travers laquelle la poésie sauve les mots de l’oubli, une sorte d’« épitaphe vocale » ou de « sépulture symbolique » qui permet d’assumer leur perte et de se reconstruire contre l’oubli.Le zeibekiko est un rite consacré à cette perte, et ce n’est pas un hasard si l’on constate que l’ordre symbolique s’accroît par un surplus de perte : le zeibekiko est un pacte que fait le corps avec le symbolique, quand le premier s’apprête au second. Le zeibekiko prend encore plus d’importance dans ce paysage ravagé historiquement, où le corps se soumet, partiellement, au symbolique, ce qui assure la viabilité du lien social. Mais si les codes ne sont pas respectés, l’honneur est souillé et fait place à la honte. Dès lors, la connexion entre l’imaginaire et le symbolique se dégrade et le sujet ne devient que pure fonction symbolique qui obéit à la voix féroce, nécessaire et obligatoire du zeibekiko. Le problème qu’il s’agit d’éclairer ici est donc celui de la fonction de cette voix chantée, qui convoque les traumatismes du passé et par là même impose au sujet les exigences de l’honneur – jusqu’à le pousser au crime.