Philosophie et ethnopsychiatrie : rencontre avec une « pensée fabricatrice »

RésuméCet article vise à mettre en évidence la manière dont la méthodologie ethnopsychiatrique mise en œuvre au centre Georges-Devereux traite la difficulté formulée par Devereux comme « perturbation » de l’observé par l’observateur et réciproquement – difficulté accrue quand il s’agit de patients m...

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Bibliographic Details
Main Authors: Courbin, Lauriane, Hounkpatin, Lucien, Perez, Avner
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2010
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:RésuméCet article vise à mettre en évidence la manière dont la méthodologie ethnopsychiatrique mise en œuvre au centre Georges-Devereux traite la difficulté formulée par Devereux comme « perturbation » de l’observé par l’observateur et réciproquement – difficulté accrue quand il s’agit de patients migrants. Dans ce cas en effet, les propositions interprétatives s’appuyant sur des traductions courent toujours le risque de réduire les logiques d’un monde à celles d’un autre. La pratique de la médiation s’appuiera au contraire sur les zones d’intraduisible qui constituent le levier principal d’une relation thérapeutique fonctionnelle. Plutôt que de réduire la « perturbation », l’ethnopsychiatrie choisit en effet de travailler avec la multiplicité de ces logiques, et place au cœur de sa pratique clinique l’idée d’une « pensée fabricatrice1 » – comme pensée fabriquée, et pensée qui fabrique. L’objectif est ici de montrer comment le dispositif ethnopsychiatrique pose les conditions d’advenue d’une pensée nouvelle sur une situation (pensée fabriquée, en commun avec les patients et les institutions à partir des zones d’intraduisible), et comment cette fabrication contraint à la construction d’un cadre produisant des effets psychothérapeutiques (pensée qui fabrique).