Des « femmes travesties » aux pratiques transgenres : repenser et queeriser le travestissement

Peut-on continuer à parler de « femmes travesties » sans questionner la construction à la fois hétérocentrée et masculine du travestisme, « perversion-inversion » essentiellement vestimentaire et qui n’a de sens que dans un régime hétéro-sexuel binaire établissant une continuité réglée entre sexe et...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:Clio. Histoire, femmes et sociétés | 10 | 2 | 1999-11-01 | p. 5-5 | 1252-7017
Autor principal: Pellegrin, Nicole
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 1999
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Peut-on continuer à parler de « femmes travesties » sans questionner la construction à la fois hétérocentrée et masculine du travestisme, « perversion-inversion » essentiellement vestimentaire et qui n’a de sens que dans un régime hétéro-sexuel binaire établissant une continuité réglée entre sexe et genre, entre le sexe biologique, le masculin et le féminin ? En proposant un aperçu des différents modèles interprétatifs du travestisme : le modèle médical (les sexologues de la fin du XIXe et du XXe), le modèle féministe émancipationniste (Beauvoir), le modèle queer de la performativité (Butler), l’article retrace la généalogie des exclusions, des frontières et des délimitations oublieuses qu’entraîne une fidélité aux définitions disciplinaires ou idéologiques du « travestisme » des femmes. Parler de « pratiques transgenres » permettrait d’embrasser un plus grand nombre d’expressions de genres et de réévaluer la pseudo exceptionnalité du « travestisme ».