La guerre dans la famille

L'étude porte sur la façon dont les Athéniens de l'époque classique ont pensé la guerre civile avec comme référence obligée l'affrontement entre oligarques et démocrates qui a déchiré leur cité à la fin du V e siècle. Leur réflexion, comme en témoignent les syntagmes utilisés, est...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:Clio. Histoire, femmes et sociétés | 5 | 1 | 1997-04-01 | p. 3-3 | 1252-7017
Autor principal: Loraux, Nicole
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 1997
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L'étude porte sur la façon dont les Athéniens de l'époque classique ont pensé la guerre civile avec comme référence obligée l'affrontement entre oligarques et démocrates qui a déchiré leur cité à la fin du V e siècle. Leur réflexion, comme en témoignent les syntagmes utilisés, est ambivalente. Lorsque la cité est conçue comme un phulon (la souche, la lignée), donc comme un groupe clos, la guerre civile est nommée en tant que telle : c'est la stasis emphylos, un affrontement interne engendré par la cité elle-même. Lorsque l'oikos (la maison, la famille) sert de support à la représentation de la cité assimilée au groupe des oikeioi (un signifiant qui oscille entre parents et intimes), le terme stasis est évité, au profit de polemos, le terme traditionnellement réservé à l'affrontement avec l'étranger. La guerre civile devient un oikeios polemos, une guerre à l'intérieur de la famille, une guerre à l'horizon de laquelle se profile une fête de la réconciliation. Faut-il en conclure que pour conjurer la guerre civile, il n'y a pas d'arme idéologique plus efficace que l'appel à la famille et à la parenté civique ? Au lendemain des affrontements sanglants de la fin du V e siècle, l'imaginaire politique, nourri par le mythe de l'autochtonie (Erichthonios, le fondateur de la cité, est né de la terre et tous les Athéniens sont autochtones par hérédité), développe l'idée d'une parenté généralisée, unissant entre eux tous les citoyens. Il va de soi, même si le but recherché n'a jamais été exprimé, qu'une telle représentation est censée prévenir les risques de guerre civile.