L’apparence physique, un vecteur de réflexion critique sur la fonction des listes de critères de non-discrimination

En France, la polarisation continue des débats politiques autour du voile, soutenue par un arsenal réglementaire qui en limite le port par les femmes musulmanes dans l’espace public, conduit à une forte politisation de leur apparence. Ce phénomène structure leurs trajectoires biographiques et affect...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Masquilier, Ariane
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2025
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:En France, la polarisation continue des débats politiques autour du voile, soutenue par un arsenal réglementaire qui en limite le port par les femmes musulmanes dans l’espace public, conduit à une forte politisation de leur apparence. Ce phénomène structure leurs trajectoires biographiques et affecte significativement leurs possibilités d’inscription sociale, notamment en matière d’accès à l’emploi. Sur le marché du travail, en effet, leur apparence est interprétée comme une « note discordante », un « défaut de façade », voire une « faute de goût » ; une interprétation qui procède elle-même de mécanismes de stigmatisation particulièrement saillants dans les environnements professionnels contemporains où l’individu est tenu pour responsable de l’image qu’il projette. Partant de ces prémisses, cet article interroge la manière dont les cadres juridiques, sociaux et professionnels produisent – à l’intersection du genre, de la race et de la religion – un régime d’exclusion systémique fondé sur l’apparence physique. Il démontre que la discrimination visant les candidates visiblement musulmanes relève d’un processus de régulation raciale et genrée des apparences corporelles, fabriquant ainsi leur inemployabilité structurelle au nom de normes prétendument universelles de « neutralité ».