Isabelle Collet (2019), Les oubliées du numérique, Le passeur éditeur

Les inégalités sociales et territoriales de santé ne cessent de se creuser en France à toutes les échelles. La réponse de l’État a été d’inclure un volet santé dans la mise en œuvre de la politique de la ville, ciblant des quartiers défavorisés pour tenter un rattrapage. Une analyse axée sur les iné...

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Bibliografische gegevens
Hoofdauteur: Rault, Emmanuelle
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2021
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Omschrijving
Samenvatting:Les inégalités sociales et territoriales de santé ne cessent de se creuser en France à toutes les échelles. La réponse de l’État a été d’inclure un volet santé dans la mise en œuvre de la politique de la ville, ciblant des quartiers défavorisés pour tenter un rattrapage. Une analyse axée sur les inégalités d’accès au dépistage du cancer du sein comparant 33 quartiers en politique de la ville (QPV) d’Île-de-France montre un investissement à degrés variables des acteurs politiques et de la prévention sur ces quartiers en fonction de la configuration (ou caractéristiques) socio-territoriale de ces quartiers (enclavement physique et social, attractivité). Il apparaît que l’attention politique privilégiée est placée sur les quartiers plus centraux, plus dynamiques par rapport aux autres. Les QPV les plus enclavés et les moins « attractifs » sont, contrairement à ce que l’on pourrait attendre de la politique de la ville, aussi ceux qui bénéficient d’une moindre attention politique et d’actions de promotion du dépistage moins intenses, voire inexistantes. L’analyse montre que la capacité d’agir, que ce soit celle des acteurs ou des habitantes, est elle-même prise dans une matrice socio-territoriale marquée par les inégalités dans laquelle elle se moule. Les moyens et les conditions de mise en œuvre des politiques locales de santé publique qui s’appuient très largement sur la politique de la ville sont questionnés : ne permettant pas de moduler les processus ségrégatifs déjà à l’œuvre, ne contribuent-ils pas à des logiques de gestion des territoires qui finissent par devenir discriminatoires dans leurs effets ?