L’aide active à mourir proposée par la CCFV, un encadrement social de la mort souhaitée

Il s’agissait pour la Convention citoyenne sur la fin de vie de décider si le consentement exprès de la personne à sa propre mort pouvait lui procurer un droit à être assisté à cette « fin » et que, partant, l’aidant à mourir n’encourrait plus de sanction pénale pour cet acte, cette « permission » d...

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Autor principal: Moine, André
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2024
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Sumario:Il s’agissait pour la Convention citoyenne sur la fin de vie de décider si le consentement exprès de la personne à sa propre mort pouvait lui procurer un droit à être assisté à cette « fin » et que, partant, l’aidant à mourir n’encourrait plus de sanction pénale pour cet acte, cette « permission » dérogeant à un interdit social particulièrement ancré. Après délibération, les membres de la CCFV ont proposé l’instauration d’une aide active à mourir. Cependant, les conditions énoncées affectent considérablement le respect de ce choix individuel. L’aide active à mourir ne concernerait que les personnes majeures, malades, physiquement atteintes, affectées par une maladie incurable, sujettes à des souffrances physiques ou psychiques réfractaires, et, enfin, dont le pronostic vital est engagé à moyen terme. De plus, les membres de la CCFV, considérant que « la réalisation de l’acte doit être encadrée par le corps médical, que ce soit pour un suicide assisté ou une euthanasie », placent, notamment au vu des conditions posées, le corps médical au centre de leurs propositions alors qu’aider un patient à mourir est à l’opposé de la fonction du médecin qui est de soigner. Identifier plus précisément le contenu de cette proposition suppose de distinguer les hypothèses où la personne peut « encore » décider de l’arrêt ou non de sa vie de celles où elle ne peut plus s’exprimer à ce sujet et les situations dans lesquelles la personne n’a pas fait antérieurement état de ses souhaits quant aux situations dans lesquelles elle voudrait qu’on l’aide activement à mourir et celles dans lesquelles elle a exprimé une volonté à cet égard. Le « respect du choix et de la volonté du patient » est la première conviction commune énoncée par les « conventionnels ». Cependant, au vu des propositions majoritaires de la CCFV sur l’aide à mourir, la restriction est le principe, la liberté l’exception. Il n’y a ainsi pas de référence expresse et déterminante à ces droits fondamentaux que sont l’autonomie personnelle ou la liberté de conscience, la mort souhaitée telle qu’envisagée relève davantage de l’hétéronomie que de l’autonomie.