Una guerra interminable. La complicada gestión de la memoria histórica en España

L’accord trouvé le 17 novembre 2021 entre les deux partis politiques de gauche qui gouvernent en coalition en Espagne pour présenter une série d’amendements à la Loi de Mémoire Démocratique a ouvert une petite tempête politique et médiatique dans notre pays. La polémique naît du fait que la nouvelle...

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Autor principal: Antonio Pérez Pérez, José
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2023
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:L’accord trouvé le 17 novembre 2021 entre les deux partis politiques de gauche qui gouvernent en coalition en Espagne pour présenter une série d’amendements à la Loi de Mémoire Démocratique a ouvert une petite tempête politique et médiatique dans notre pays. La polémique naît du fait que la nouvelle loi, encore en cours d’instruction, ouvre la possibilité d’interpréter la Loi d’amnistie approuvée en octobre 1977 de manière plus souple qu’auparavant, une possibilité qui permettrait de juger certains crimes commis par le régime franquiste, l’une des aspirations les plus souhaitées par le mouvement en faveur de la récupération de la Mémoire Historique en Espagne, et surtout, par le groupe des victimes du franquisme. Cependant, pour comprendre la portée de cette mesure extraordinaire, il est nécessaire d’analyser le contexte dans lequel elle a été débattue et promulguée, au-delà des interprétations et lectures faites jusqu’à présent à partir de considérations actuelles sur les décisions qui ont été prises dans le passé dans des circonstances exceptionnelles. La Loi d’Amnistie a servi à l’époque à faciliter la libération des derniers prisonniers politiques qui purgeaient une peine pour s’être opposés à la dictature. Mais cette loi signifiait bien plus que la libération d’une poignée de militants de différentes organisation politiques, y compris quelques terroristes ayant commis de graves crimes de sang. Sa promulgation a surtout été le point culminant de toute une série de luttes promues et menées au cours des dernières années du franquisme et des premiers mois de la transition par les partis et les syndicats, tant de la gauche que du nationalisme basque et catalan, mobilisations qui ont également fait un nombre important de morts lors des manifestations qui ont eu lieu à cette époque.La Loi d’Amnistie n’était pas, selon l’idée qui a été répandue dans certains secteurs politiques, une loi du point final pour empêcher de juger les responsables des crimes du franquisme, ni une imposition de ses élites politiques ou des secteurs les plus réactionnaires. La vérité est qu’à l’époque son approbation a été vécue comme une victoire pour tous les partis et syndicats qui avaient fait partie de l’opposition au régime précédent. Cet article tente d’examiner ce qu’a entraîné cette mesure et l’évolution qu’a connue le mouvement en faveur de la récupération de la Mémoire Historique en Espagne, depuis son apparition au début du XXIe siècle, lorsque toute une série de groupes ont réuni leurs efforts pour défendre la mémoire des victimes du franquisme, et surtout, récupérer et exhumer les corps sans vie de milliers et de milliers d’hommes et de femmes assassinés pendant la Guerre Civile et pendant les premières années d’après-guerre. Dans ce but, l’article passe en revue les différentes initiatives, tant politiques que judiciaires, qui ont été menées au cours des dernières décennies.