Les relations ACP-UE post 2020 : vers une action extérieure de l’UE plus cohérente ?
Le partenariat entre les 79 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, formant le groupe ACP, et l’Union européenne (UE) remonte à 1975. Les conventions successives de Lomé et l’Accord de Partenariat de Cotonou (APC) ont longtemps été salués comme des modèles de coopération Nord-Sud en raison de...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
2016
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| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Le partenariat entre les 79 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, formant le groupe ACP, et l’Union européenne (UE) remonte à 1975. Les conventions successives de Lomé et l’Accord de Partenariat de Cotonou (APC) ont longtemps été salués comme des modèles de coopération Nord-Sud en raison de leur nature contractuelle, de la combinaison commerce, coopération au développement et dialogue politique, ainsi que des institutions conjointes et du principe de cogestion.À l’heure actuelle, l’UE et le groupe ACP examinent différentes options d’un accord après 2020, date à laquelle le Partenariat de Cotonou arrivera à terme. Les deux parties prenantes ont clairement indiqué que la renégociation d’un nouvel accord entre l’Europe et les ACP n’aboutira pas au statu quo. En effet, des évolutions contextuelles majeures sont survenues depuis la signature de l’APC en 2000, tant au sein de l’UE et des ACP que sur la scène mondiale. L’émergence d’un nouvel agenda universel 2030 pour le développement durable requiert également de nouvelles formes de coopération internationale et de dialogue. La relation entre l’UE et les ACP est, elle aussi, affectée par ces changements.Dans cette optique, cet article soulève certaines questions fondamentales. Dans quelle mesure la raison d’être initiale du Partenariat ACP-UE est-elle encore d’application ? Quel rôle le Partenariat ACP-UE peut-il jouer sur la scène mondiale et dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ? Comment construire de futurs partenariats allant au-delà d’une relation d’aide et ayant assez de traction politique ? Quelle est la valeur ajoutée spécifique du groupe ACP par rapport à d’autres groupements qui représentent les mêmes pays ? Dans quelle mesure le Partenariat ACP-UE est-il adapté aux ambitions post-Lisbonne de l’UE visant à devenir un acteur mondial plus cohérent et influent ?Ces dernières années, le groupe ACP a peu à peu perdu son attrait politique et son pouvoir de négociation. Dans l’arène politique, l’Union africaine et les Communautés économiques régionales (CER) assument un rôle toujours plus prépondérant dans des enjeux fondamentaux tels que la prévention de conflits, les opérations de maintien de la paix, la migration, la lutte contre le crime transfrontalier et contre le terrorisme. Dans les domaines économiques et commerciaux, les principales responsabilités ont progressivement été transférées du groupe ACP vers les CER, qui ont notamment joué un rôle de premier plan dans les négociations des Accords de Partenariat économique (APE) avec l’UE. Peu à peu, la coopération ACP-UE s’est donc vue réduite à une relation d’aide assez traditionnelle et asymétrique. Ceci intervient également dans un contexte où l’UE investit d’avantage dans la construction de partenariats continentaux et régionaux avec des groupes de pays et de régions plus homogènes. Ces types de partenariats ont en effet un plus grand potentiel pour construire des alliances et agir conjointement sur les enjeux mondiaux. Dans ce contexte en rapide évolution, il ne sera donc pas aisé pour le groupe ACP de se réinventer en tant que groupe de pays solide et homogène, avec un avantage comparatif et une valeur ajoutée clairs sur la scène internationale. De plus, dissocier le débat sur l’avenir des relations ACP-UE après 2020 des processus stratégiques clés à l’œuvre en Europe, tels que la Stratégie globale et le Partenariat UE-Afrique, serait une erreur. Le temps est donc venu de façonner un nouveau type de partenariat après Cotonou, qui puisse renforcer la cohérence et l’impact de l’action extérieure de l’UE tout en assurant un meilleur résultat pour les pays et les citoyens d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. |
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