Films fantômes. Hantise (post)coloniale et ambiguïté patrimoniale

Oubliés sans nécessairement avoir été perdus, disqualifiés dans la hiérarchie des objets dont s’emparent généralement les chercheurs, la plupart des films documentaires français réalisés au sein des mondes africains dans l’Entre-deux-guerres troublent et perturbent notre présent en faisant appara...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Mottier, Damien
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Oubliés sans nécessairement avoir été perdus, disqualifiés dans la hiérarchie des objets dont s’emparent généralement les chercheurs, la plupart des films documentaires français réalisés au sein des mondes africains dans l’Entre-deux-guerres troublent et perturbent notre présent en faisant apparaître les traces visuelles de la colonisation. Ils sont parfois considérés comme de mauvais films, non seulement dans le sens où ils seraient médiocres mais aussi inquiétants sinon malveillants, symptomatiques d’un cruel rapport de domination. L’hypothèse qui oriente ma réflexion est que leur mode d’existence est placé, en France, sous le double signe d’une hantise du colonial et d’une ambigüité patrimoniale. Conservés mais confinés, invisibilisés faute de savoir qu’en faire et en penser, certains de ces films fantômes présentent pourtant un intérêt indéniable du point de vue de l’histoire des groupes filmés qui en ignorent l’existence. Il s’agit donc, dans cet article, de revenir sur les vicissitudes de l’histoire matérielle de trois films perdus-retrouvés datant des années 1920 (Le continent mystérieux de Paul Castelnau, Zazavavindrano de Léon Poirier et Voyage au Congo d’André Gide et Marc Allégret), sur leur statut ambigu ainsi que sur leurs possibles contributions à une histoire et à une anthropologie des sociétés africaines et sur leur capacité à susciter de nouveaux récits.