L'État démocratique menacé par la corruption
Il est difficile de définir la corruption par un ensemble d'actions spécifiques et dans l'intention de frauder. Elle s'inscrit dans une relation concernant toujours au moins trois acteurs (principal auteur, mandataire et victime) et, au sein des démocraties, offre deux acceptions. D...
Kaydedildi:
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2022
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| Konular: | |
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Il est difficile de définir la corruption par un ensemble d'actions spécifiques et dans l'intention de frauder. Elle s'inscrit dans une relation concernant toujours au moins trois acteurs (principal auteur, mandataire et victime) et, au sein des démocraties, offre deux acceptions. D'abord, la corruption comme détournement de l'autorité publique à des fins privées, ensuite la corruption au sens moral, et quasi biologique, d'un mal qui entraîne la dégénérescence, la décomposition progressive d'un organisme à l'origine sain. Elle est donc à la fois un crime et une maladie du corps politique, une maladie contagieuse du politique. Si la corruption prend place dans le rapport triadique entre l'État, ses mandataires et le public, la question de savoir quels actes constituent de la corruption et quels actes sont perçus comme telle dépend de la forme de l'État. Si depuis peu nous sommes devenus beaucoup plus rigoureux envers les différentes formes de corruption, c'est parce que la forme de nos États et même le principe de leur légitimité a changé. Or, la forme de l'État dans les démocraties libérales serait en cours de transformation depuis 1990, passant de l'État-nation à l'État-marché. Il n'y a vraisemblablement pas moins de corruption dans l'État-marché que dans l'État-nation, mais elle se présente autrement. Ce qui est réprouvé, ce n'est plus le manquement aux intérêts de l'État, mais le scandale que constitue le passe-droit. |
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