« Death is a lonely business  » ou enseigner les récit de la « bonne » mort

La mort – et ses noirs sortilèges – peut-elle être un objet d’étude littéraire? N’y a-t-il pas quelque arrogance absurde à vouloir parler de ce que l’on ignorera toujours (nul ne saurait être co-extensif à sa propre mort, l’instant de la connaissance coïncidant avec celui de l’anéantissement) ?...

Fuld beskrivelse

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Casta, Isabelle
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2008
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:La mort – et ses noirs sortilèges – peut-elle être un objet d’étude littéraire? N’y a-t-il pas quelque arrogance absurde à vouloir parler de ce que l’on ignorera toujours (nul ne saurait être co-extensif à sa propre mort, l’instant de la connaissance coïncidant avec celui de l’anéantissement) ? Pourtant, tout en gardant présente à l’esprit cette « angoisse de l’objet interne » dont parle l’anthropologue George Devereux, l’enseignant peut suivre les trois chemins qui mènent à la maîtrise du phénomène. Il s’agit de la thanatologie, la thanatopraxie et la thanatofiction. Si la thanatologie recouvre plutôt les « philosophies de la mort », id est l’ensemble des réflexions morales, éthique, sociopolitiques et religieuses qui accompagnent la fin de vie, la thanatopraxie, elle, s’intéresse plus directement au corps du mort, que ce soit pour les techniques d’embaumement ou pour toutes les investigations et manipulations médicolégales, popularisées par la vogue actuelle des fictions policières ; ce qui nous amène d’ailleurs au troisième domaine des mythologies de la mort, les thanatofictions. À l’hypertechnicité des séries et des romans (souvent américains) – dont la scène d’autopsie la plus « gore » possible est devenue un « must » – correspond également la recrudescence d’un certain fantastique, où le mort revient « naturellement » errer parmi les vivants, sans savoir qu’il est mort d’ailleurs... Cette nouvelle hantise et ses conséquences esthétiques et/ou eschatologiques me paraît servir de lien entre toutes les thanatofictions ici évoquées... La mort n’est pas une fin : notre libraire s’en réjouit tous les jours !