Féminisme(s). Recompositions et mutations
Cet article propose une relecture féministe et postcoloniale de Totem et Tabou de Freud qui interroge la nature du lien social pensé comme contrat commensal entre frères, fondé sur le repas totémique où les fils dévorent le père et s’interdisent mutuellement la violence. L’analyse met en lumière...
Zapisane w:
| Główni autorzy: | , |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Język: | Français |
| Wydane: |
2006
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| Dostęp online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Streszczenie: | Cet article propose une relecture féministe et postcoloniale de Totem et Tabou de Freud qui interroge la nature du lien social pensé comme contrat commensal entre frères, fondé sur le repas totémique où les fils dévorent le père et s’interdisent mutuellement la violence. L’analyse met en lumière l’effacement symbolique des mères nourricières et du travail reproductif féminin, forclos du récit mythique de la fondation du social. En articulant philosophie féministe et critique de la race, l’article montre que cette exclusion engendre des injustices à la fois herméneutiques, reproductives et politiques. La figure du « non-frère », entendu comme non-commensal, éclaire les processus contemporains de racialisation de la commensalité républicaine en France. À partir de Pateman et Mills, le texte relit dans cette perspective le repas totémique comme inaugurant « un contrat sexuel et racial » où se joue la distribution du pouvoir, du soin et de la citoyenneté. Il s’agit enfin de reconsidérer le nourrissage comme matrice politique du lien social, révélant les conditions matérielles et genrées de la civilité moderne.
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