Une occasion perdue : l'exemple français des politiques publiques des « bureaux des temps »

RésuméDepuis quelques mois des villes pilotes expérimentent en France des politiques dites de « bureaux des temps », inspirées par d’autres villes européennes et sponsorisées par le ministère délégué à la Ville. Prenant acte de la « double journée » effectuée par les femmes, assumant à la fois une a...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Prif Awdur: Lépinard, Éléonore
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2002
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:RésuméDepuis quelques mois des villes pilotes expérimentent en France des politiques dites de « bureaux des temps », inspirées par d’autres villes européennes et sponsorisées par le ministère délégué à la Ville. Prenant acte de la « double journée » effectuée par les femmes, assumant à la fois une activité salariée et les charges liées au travail domestique, ces politiques se donnent pour but de transformer les modes d’organisation des services urbains vers une plus grande flexibilité et une meilleure intégration des femmes dans la ville. Si ces objectifs ont pu être formulés en des termes féministes en Italie dans les années quatre-vingt, ils semblent aujourd’hui, dans le cas français, s’être singulièrement neutralisés et dépolitisés. L’analyse des rhétoriques justifiant la mise en place des bureaux des temps montre que ces politiques s’orientent en réalité vers une rationalisation et une flexibilisation des services publics, oubliant par là même la dimension de genre qui était censée les structurer. Les politiques des « temps des villes » tendent dès lors à prôner une conciliation des différents temps pour les femmes, sans remettre en cause les fondements d’une répartition inégale ancrée dans l’espace domestique, et dans ce déplacement se dessinent en creux les impensés politiques sur le genre et la citoyenneté.