Retour sur l’hypothèse de la « nord-irlandisation du monde » à l’âge des crises permanentes
En 2004, l’hypothèse de la « nord-irlandisation du monde » était proposée comme une métaphore pour analyser la transformation des démocraties libérales sous l’effet de logiques sécuritaires. Ce concept, loin de désigner un modèle ou une analogie historique stricte, visait à rendre visible l’incorpor...
Kaydedildi:
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2026
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| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | En 2004, l’hypothèse de la « nord-irlandisation du monde » était proposée comme une métaphore pour analyser la transformation des démocraties libérales sous l’effet de logiques sécuritaires. Ce concept, loin de désigner un modèle ou une analogie historique stricte, visait à rendre visible l’incorporation durable de l’exception dans l’ordinaire gouvernemental, à travers des dispositifs de gestion des risques, de surveillance et d’anticipation. Vingt ans plus tard, ce texte propose une reprise critique de cette hypothèse, en examinant comment ces logiques se sont diffusées, hybridées et sédimentées dans un contexte d’instabilité chronique et de crises durables. Si la notion conserve une valeur heuristique pour analyser les mutations des modes de gouvernement, elle révèle aussi ses limites face à des régimes où les idéologies autoritaires et les logiques de destruction de masse ne relèvent plus de la déformation du libéralisme, mais d’une rupture avec celui-ci. Ce retour invite à rééquiper la critique, en décrivant les infrastructures techniques, économiques et politiques qui rendent la crise administrable et durable, tout en proposant des outils concrets pour réintroduire des temporalités politiques et des mécanismes de réversibilité. |
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